Moune, Nanou,
C’est maintenant le moment de te rendre un dernier hommage.
95 ans et 8 mois, ça en fait des souvenirs !
§ TA PETITE ENFANCE passée à la cathédrale collée à ton pépère adoré
§ TON ADOLESCENCE marquée par la guerre. Jusqu’à la fin, tu nous as raconté tes traumatismes liés à cette période :
§ les boches : le bruit de leurs bottes, leur façon de parler, leurs casques pointus. Tu n’as jamais pu leur pardonner
§ le retentissement des sirènes qui annonçaient les bombardements des anglais que tu avais surnommés « les monsters d’inglais »
§ les tickets de rationnement qui ont fait que tu n’as jamais gâché
§ l’exil forcé, à pied, à la campagne où vous viviez dans une grange à Crémarest
§ la désolation de voir Boulogne détruite par les bombes surtout la maison et le dôme
§ tu étais fière de nous raconter que tous les soirs à 20h vous alliez écouter la radio chez le gardien de la prison au nez et à la barbe des boches !
§ Puis la reconnaissance éternelle aux Canadiens Français, tes héros, qui vous ont libérés !
Tu nous en a tellement parlé qu’on a l’impression d’avoir vécu ce pan de l’histoire. Tu étais la mémoire boulonnaise de cette dure période et tu n’hésitais pas à corriger les articles des journaux s’ils ne relataient pas l’exactitude !
Ensuite il y a eu le décès brutal de ton père, la veille de Noël, sur la route, seul, méprisé par la personne chez qui il a été amené. Une période à jamais très douloureuse pour toi.
C’est pourquoi on t’avait toujours promis d’être auprès de toi jusqu’à la fin et on a tenu parole, tu es partie entourée de nous tous.
Tu t’es ensuite occupée de tes frère et sœurs et de la maison pour aider mamie qui travaillait.
Puis, peu à peu, le temps t’a retiré ceux que tu aimais tant :
§ ta maman avec qui tu étais fusionnelle
§ ta tante Berthe chez qui tu aimais aller
§ Ta nièce Sylvie que tu chérissais
§ ton oncle Raymond pour qui tu avais un profond respect
§ tes frère et sœurs
§ tes amis dont la fidèle Mauricette, ta collègue de travail mais surtout ton acolyte de voyages.
Petits, tu nous racontais des histoires que tu inventais et, quand tu changeais des passages parce que tu avais oublié, on savait te le faire remarquer et tu nous disais « Nanou badoule qui raconte des carabistouilles «
Tu nous passais tous nos caprices, toujours prête à te déguiser et à te mettre en scène pour nous faire rire. Toutes les filles de la famille ont fait des essais de coiffure sur toi et tu t’es toujours laissée faire.
Tu nous tricotais des pulls avec nos personnages de dessins animés préférés, on pouvait tout te demander.
Quand tu nous emmenais dans ta voiture, il y avait toujours un goûter, des coloriages et des coussins pour qu’on soit bien. Tu étais notre Marry Poppins. Tu prévoyais toujours tout et même plus !
Malgré ton âge, tu étais à la page question technologie : smartphone, ordinateur, tablette et whatsapp pour rester en contact avec nous où que nous soyons. On t’appelait cybermoune. Bon, c’est vrai qu’il y a plus d’un téléphone, ordinateur ou tablette qui a failli passer par la fenêtre du 6ème étage !!!
Tu t’es toujours rabaissée par rapport à ton physique, tu disais toujours que tu avais la forme et les formes, que tu étais mal foutue avec tes grosses fesses, que tu étais haute comme un tien assis mais nous, on t’a toujours trouvée très belle et une chose est sûre, tu avais un coeur énorme.
Pour nous mais aussi pour les autres.
Tu étais toujours prête à tout lâcher pour aider quand quelqu’un avait besoin.
Tu as donné ton sang jusqu’à l’âge maximum.
Et tu as toujours fait des dons aux associations pour les aider.
Et qu’est ce que tu nous as fait rire :
§ quand tu te réjouissais quand il pleuvait à Marseille, eux qui ont 400 jours de pluie par an … les minteux !!!
§ quand tu t’énervais en tapant du pied et du poing et en jurant « bon dieu, bon dieu, bon dieu d’merde ! »
§ quand tu t’en faisais pour ce qui n’allait pas arriver ! Tu avais toujours peur du pire pour nous.
Quand on partait, tu nous suivais par la pensée car tu étais aussi une carte michelin vivante et tu nous appelais toutes les 2 heures pour te rassurer !
Tu n’as jamais eu d’enfants mais pour nous tu étais plus qu’une grand-mère !
Quelle fierté pour nous d’aller manger à la cantine avec toi et voir toutes les générations venir te saluer !
Tu nous as offert une enfance et une vie d’adulte incroyables, pleines de merveilleux souvenirs !
Tu nous as tant aimés et on t’a tellement aimée !
On sait que de là-haut tu continues à veiller sur nous.
Tu vas cruellement nous manquer.
Merci pour tout !
On t’aime d’amour.
1 2 3 Bisous